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Finalement, il soulignait quelques traits qui se dégagent d’un certain nombre d’observations: Tout d’abord, la négociation apparaît comme l’instrument privilégié des relations entre des collectivités qui se veulent indépendantes et souveraines. En second lieu, c’est un débat dans la recherche d’un compromis entre des prétentions contraires. Enfin, il ne s’agit pas d’une technique isolée, car elle doit s’inscrire dans un projet global ou dans une stratégie cohérente. Sinon, elle ne parvient pas ŕ frayer la voie entre la menace permanente de la force et la recherche de la concorde. Nous allons retrouver la présence de ces trois points cardinaux souvent dans notre exposé. Ainsi que l’on sait par expérience le terme Ťnégociation ť s’applique ŕ toutes sortes de transactions, entre n’importe quelles forces sociales, économiques ou politiques. Mais c’est bien dans le domaine des relations internationales qu’il est né et qu’il a pris consistance, au point qu’on a pu assimiler la négociation ŕ la diplomatie. Le Dictionnaire diplomatique français, édité entre les deux guerres mondiales, confirme : Ť La négociation est la raison d’ętre non seulement de l’agent diplomatique en tant que chef de mission, mais encore de la diplomatie toute entičre, et toutes les autres formes, tous les autres aspects de l’action officielle d’un diplomate lui sont subordonnés ť. Et Henry Kissinger, du temps oů il était encore universitaire, écrivait dans son livre Ť Le chemin de la paix ť que : Ť dans son acception classique, la diplomatie consiste ŕ rapprocher des points de vue divergents par le biais de la négociation ť. Si donc la négociation est l’âme de la diplomatie, c’est parce que les procédés qu’elle met en œuvre sont les seuls ŕ pouvoir s’adapter au type des relations qui prévaut entre les Etats. En effet, on négocie un traité ou une alliance entre Etats, parce qu’aucune autre autorité que les Etats eux-męmes n’a qualité pour trancher de ces questions. C’est sans doute cette évidence qui poussait duc de Richelieu ŕ intituler un des chapitres de son Testament Politique : Ť Chapitre VI ou comment la négociation continuelle ne contribue pas peu au bon succčs des affaires ť. Il en allait de męme fort probablement dans le cas de de Martens, qui le reconnaissait en 1831, dans son Récit du droit des gens moderne de l’Europe : Ť Comme entre des peuples libres et souverains il n’y a point de juge supérieur sur la terre devant lequel ils puissent comparaître pour attendre de lui la décision de leurs disputes, il ne leur reste d’ autre voie pour les terminer que les négociations ŕ l’amiable, ou, ŕ leur défaut, les voies de fait ť. B. Il est donc clair que dans toutes les sociétés et dans tous les groupes la négociation est présente, comme d’ailleurs son contraire, la décision unilatérale. Et l’homme qui fűt Jean Monnet, l’un des pčres de l’Europe, avait eu l’occasion d’observer la justesse de l’énoncé, tant dans sa vie privée (puisqu’il a été pendant quelques années négociant d’eau-de-vie, chose tout ŕ fait normale pour un fils de Cognac) que dans sa vie d’action publique, ainsi que dans celle d’inspirateur du grand dessein européen. En effet, Jean Monnet, envoyé ŕ Londres dčs le début de la Premičre Guerre Mondiale, négociait avec les Britanniques et obtenait la création en novembre 1916, d’une Commission Exécutive pour le blé qui disposait de pleins pouvoirs pour faire face aux besoins des alliés dans l’achat et la répartition des céréales, et pour en assurer leur transport. Comme suite ŕ la guerre sous-marine ŕ outrance, Jean Monnet négociait pour obtenir des alliés la décision d’étendre et de généraliser le mécanisme de ce pool maritime qui fonctionnait pour le blé. Ainsi, en mars 1918, les alliés se décident ŕ créer un Comité des transports maritimes, doté d’un Exécutif commun chargé de contrôler tous les navires alliés et neutres, leurs caractéristiques, leur chargement, leur mouvement. Ce pool de transports et des approvisionnements devient le centre vital de toute l’économie de guerre. Pourtant, ces mécanismes et habitudes de travail communs acquis au prix d’un inlassable effort de négociation n’ont pu survivre ŕ la victoire, parce que la vision de J. Monnet était loin d’ętre partagée par les Anglo-saxons, qui ne pouvaient envisager un contrôle général des matičres premičres en temps de paix. Jean Monnet a été par la suite désigné en 1920 pour exercer les fonctions de Secrétaire Général Adjoint de la S.D.N., ŕ l’âge de 33 ans. Dans le cadre de ses nouvelles responsabilités, il s’acquitte d’une série de missions, oů son sens de la négociation excelle : le partage de la Haute Silésie réglé par une convention germano-polonaise, le 15 mai 1922 et le sauvetage économique de l’Autriche, que l’inflation galopante et le chômage menacent. Mais, il s’impatiente de la faiblesse des moyens dont dispose la S.D.N., et démissionne en automne 1923. Devant la débâcle militaire de juin 1940, Jean Monnet propose ŕ Churchill le 15 juin le projet d’une Ť Déclaration d’Union indissoluble franco-britannique ť, selon laquelle chaque Français, chaque Britannique, jouirait dans chacun des deux pays de tous les droits de citoyen : avec en plus une Union douaničre, une monnaie unique, un seul Cabinet, une seule armée, un seul Parlement. Churchill et de Gaule acceptent, ainsi que Paul Reynaud, Président du Conseil français qui se trouve ŕ Bordeaux. Mais ce dernier n’a pu contrer le courant défaitiste qui gagnait son propre Cabinet, et le jour d’aprčs il démissionne pour ętre remplacé par le Maréchal Petain. Durant la Deuxičme Guerre Mondiale, Jean Monnet, ŕ Alger oů il a séjourné pendant un temps en 1942-1943, penché sur une carte est souvent en train de couvrir de hachures la Ruhr, la Lorraine, le Luxembourg, la Campine, le Borinage : Ť C’est lŕ, disait-il, que sont concentrées les matičres nécessaires pour faire la guerre: le charbon et l’acier; il faut soustraire ces territoires aux Etats qui les possčdent et rendre la guerre impossible ť. Dans l’aprčs guerre la pensée de Monnet se précise : il faut sortir de l’impasse dans laquelle s’enferment la France et l’Allemagne, l’une voulant ŕ tout prix ętre libérée des discriminations nées de la défaite, l’autre retardant par crainte de la domination industrielle les conditions du rétablissement et l’égalité des droits de son voisin d’Outre-Rhin. Oui, c’est bien la fusion du charbon et de l’acier des deux pays : l’idée est née, il faut seulement lui donner une forme économique, politique, institutionnelle. Ainsi que l’on sait, Robert Schuman, alors Président du Conseil français et lui-męme homme de la frontičre, a présenté la proposition française de 9 mai 1950 (avec l’accord enthousiaste du chancelier Adenauer). Elle a jetté les fondements et la méthode de toute l’entreprise communautaire qui s’est développé jusqu’ŕ nos jours, puisqu’elle a placé l’ensemble de la production franco-allemande du charbon et de l’acier sous une Haute Autorité commune. Justement, ce terme de Haute Autorité commune, ne pouvait que recouvrir un appareil institutionnel différent des organismes internationaux classiques, fondés sur le principe de la simple coopération inter-gouvernementale. Pour la premičre fois dans l’Histoire, on voit transcrire dans la réalité le concept de supranationalité, car la Haute Autorité disposera de l’essentiel du pouvoir de décider et d’agir au-dessus des intermédiaires nationaux et sa composition est une garantie d’indépendance. Et pour assurer les voies de recours nécessaires contre les décisions de la Haute Autorité, il faudra créer aussi un organe juridictionnel. Le schéma ainsi complété correspond parfaitement ŕ la formule de la Déclaration Schuman, laquelle résume ŕ elle seule l’ensemble des expériences internationales vécues par J. Monnet que nous venons de tracer: Ť L’Europe ne se fera pas d’un seul coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrčtes, créant d’abord une solidarité de fait ť. Cette derničre constitue une des bases fondamentales de la méthode d’action proposée, car elle permet de lier la solution des problčmes immédiats ŕ l’ouverture de possibilités infiniment plus vastes. Il faut donc construire l’avenir en se servant du présent. Il y a une autre formule dans la Déclaration du 9 mai qui doit nous retenir l’attention : Ť La contribution qu’une Europe organisée et vivante peut apporter ŕ la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques ť. La premičre pierre de la Communauté européenne ainsi posée, la deuxičme devient une pierre d’achoppement. Il s’agit du projet d’armée commune proposé par Monnet ŕ son ami René Pleven, alors Président du Conseil français. En effet, les Etats Unis veulent le réarmement de l’Allemagne et Monnet craint que la C.E.C.A. ne soit mise en péril si l’Allemagne croit qu’elle peut recouvrir l’intégralité de sa souveraineté, sans s’associer ŕ d’autres partenaires au sein de la communauté en formation. Le 24 octobre 1950 René Pleven fait sa déclaration et il annonce que la France propose ŕ ses partenaires de la C.E.C.A. une communauté européenne de défense, placée sous la responsabilité d’un ministre européen de la défense, composée d’un Conseil des ministres et d’une Assemblée commune, dotée d’un budget commun. Les contingents fournis par les Etats seraient incorporés dans l’armée européenne au niveau de l’unité la plus petite possible. La déclaration gouvernementale est approuvée par l’Assemblée Nationale, car le projet bénéficie de la popularité de l’idée européenne. Monnet agit pour obtenir le soutien américain au projet et le traité instituant une communauté européenne de défense est signé ŕ Paris le 27 mai 1952. Mais l’Assemblée refuse de le ratifier le 30 aoűt 1954, mettant ainsi fin et pour longtemps, ŕ toute perspective de défense européenne. Jean Monnet est sans doute affecté par l’échec de son projet, mais il explique qu’il n’y a de défaites que celles que l’on accepte. Désormais il ne s’agit pas de sous-estimer la force du courant nationaliste et pour cela il faut se lancer dans la construction économique de l’Europe. Aussi donne-t-il son aval pour la perspective d’Europe atomique d’abord, proposée par Louis Armand, et ensuite pour la Communauté Economique proposée par le Belge Paul-Henri Spaak et le Néerlandais Jean Beyen. Quand les Ministres des Affaires Etrangčres des Six se réunissent ŕ Messine en Sicile, le 1er juin 1955, l’accord entre les gouvernements est manifeste. Il se concrétise le 3 juin. Mais pour éviter que cette impulsion s’enlise dans des discussions techniques qui risquent de mener ŕ un échec, Jean Monnet crée le Comité d’action pour les Etats-Unis d’Europe, qui constituera désormais un extraordinaire outil d’influence et d’action dans la poursuite du processus d’unification européenne. Vous savez bien sűr que les deux communautés distinctes ont été créées sur la base de traités séparés: l’un instituant la Communauté Economique Européenne (C.E.E. ou Marché Commun), l’autre une Communauté européenne pour l’énergie atomique (Euratom). Les traités ont été signés ŕ Rome le 25 mars 1957. C. Ainsi que l’on a pu voir dans ce bref aperçu de quelques actions menées par Jean Monnet, cet homme a été l’inventeur de la méthode d’intégration qui donna naissance aux Communautés Européennes, voire ŕ l’Union Européenne. Cette méthode qui s’appuyait sur Ť une action toute entičre tendue vers l’unité des hommes ť (pour reprendre une phrase de Monnet), se heurta parfois sur des obstacles de taille, dans le contexte de la négociation européenne. Par exemple, Edgar Pisani, Ministre de l’Agriculture du Président de Gaulle de 1961 ŕ 1965, insistait, il y a plusieurs années, que Bruxelles n’est pas tant le cadre d’une négociation diplomatique, que le sičge d’un affrontement politique. Etrange conception, dirait-on peut-ętre, d’une réalité qui a sa vie spécifique commune et dont la vie des états membres dépend assez largement. Mais Pisani modérait son opinion en ajoutant le suivant quant ŕ l’objet de la négociation européenne : Ť Ceci (l’objet) n’est pas d’aboutir ŕ je ne sais quel illusoire progrčs d’une construction communautaire qui se développerait dans l’ignorance des intéręts fondamentaux des nations. Mais il n’est pas non plus d’aboutir coűte que coűte et dans le mépris de toute autre considération au triomphe des intéręts primaires de la nation qu’on représente, car ce triomphe serait ŕ la longue illusoireť. Peűt-on dire que dčs lors un équilibre commençait ŕ se dégager, entre l’idée communautaire supranationale d’un côté et l’intéręt des états membres de l’autre ? Et que Ť l’unité des hommes ť de Jean Monnet se dessinait au fond de la négociation européenne ? En fait, cette derničre est toujours basée sur les Traités sur l’Union, qui prévoient justement Ť une union toujours plus étroiteť. Elle est donc continue, multiforme, touchant ŕ la définition de principes mais aussi ŕ la gestion de marchés et d’institutions oů les diplomates côtoient des professionnels, des experts, des politiques, et oů un appareil puissant fonctionne qui détient l’essentiel de l’information. Cet appareil a trois volets ou plutôt trois Institutions : La Commission Européenne qui détient le pouvoir d’initiative, Le Conseil des Ministres qui détient le pouvoir de décision, Le Parlement Européen qui doit ętre constamment consulté sur toute décision et qui est parfois co-décideur. Si on s’efforce de s’imaginer dans une salle de travail de l’Union oů Ť s’affrontent ť quinze parties (et bientôt vingt), on est déjŕ en train de mesurer l’ampleur de la tâche. Le dossier le plus Ť innocent ť devient un champ de bataille dčs qu’une des délégations croit devoir faire une observation, ne serait-ce que pour marquer sa présence. Heureusement, la Présidence du Conseil est lŕ pour faire la synthčse de diverses positions et frayer un chemin vers la sortie, souvent tard le soir. Car tel est son devoir, de jouer c.ŕ.d. le rôle de constructeur honnęte poussant la situation vers le compromis, selon l’héritage légué par les Pčres de l’Europe. Si j’avais dit auparavant que quinze parties participent ŕ la négociation, c’est parce que j’avais omis volontairement la Commission Européenne. Elle ne constitue pas ŕ vrai dire une partie dans la négociation puisqu’elle n’a pas d’intéręts nationaux ŕ protéger, mais elle se charge de sauvegarder la pérennité de la chose européenne. C’est souvent sur ses propositions que commencent les pourparlers et c’est lŕ que réside la premičre originalité de la négociation européenne. A partir de cet instant on peut comprendre l’effort fait par la Commission et la Présidence, afin qu’un compromis soit possible donnant satisfaction aux parties intéressées. Ce travail ardu est souvent récompensé par voie de recours ŕ la supranationalité, rčglement convenablement exprimé (je pense) par le terme anglo-saxon de “package deal”, dans le cadre duquel chacun obtient son dű. Il va pourtant de soi que le négociateur européen n’a pas ŕ Ť affronter ť seulement ses collčgues venant d’autres délégations. Il a souvent la tâche besogneuse de convaincre sa propre administration de suivre la position commune formée dans l’enceinte européenne. Il s’agit lŕ d’un travail de cyclope, vous pouvez me croire sur parole. Enfin, je voudrais vous donner un exemple que je puiserai dans mon expérience. En juin 1996, aprčs deux ans ŕ la Représentation Permanente oů j’avais principalement ŕ faire avec le Parlement Européen, j’ai été chargé du 3čme Pillier du Traité sur l’Union (Justice et Affaires Intérieures) et du dossier Schengen. J’avais reçu comme instruction de me débrouiller et de faire pour le mieux. Je vous dis dčs le début que le systčme Schengen, s’il n’est pas un systčme tout ŕ fait européen dans le sens qu’il n’appartient pas ŕ l’Union, il en constitue néanmoins un complément substantiel puisqu’il garantie le respect d’une parmi les quatre libertés de Maastricht, ŕ savoir celle de la libre circulation des personnes. Eh bien, ŕ l’époque mon pays n’avait fait que parapher la Convention Schengen, et cela depuis novembre 1992. J’avais donc réuni mon équipe faite de policiers, juristes et autres collaborateurs et je leur ai demandé si, ŕ leur avis, il y avait des raisons apparentes ou cachées pour pas vouloir adhérer ŕ la Convention. Leur réponse était négative, ils étaient d’accord. Ainsi a commencé une épopée qui a duré un an. Il fallait d’abord expliquer aux cercles religieux de la Grčce que Schengen n’était point Ť une affaire du diable ť, car il n’avait rien ŕ faire avec la carte d’identité européenne supposée ętre élaborée par la Commission, sur laquelle figurait le numéro satanisé 666. Ensuite que le systčme Schengen était une espčce de protection additionnelle des frontičres extérieures de l’Union. Ensuite ; que le Parlement devait voter au plus vite et la loi sur la protection des données personnelles (condition indispensable aussi pour adhérer ŕ l’Europol) et ratifier ensuite la Convention Schengen. Il fallait aussi chercher des alliances, qu’on a trouvé chez les Autrichiens et Italiens, au point qu’en juin 1997 les trois pays étaient acceptés solennellement ŕ Lisbonne, en tant que pays membres. Mais, je me souviens toujours du conseil de mon ami Français le préfet Monsieur Maccioni, alors chef de la délégation française, comme quoi mon pays devrait d’abord faire son travail interne pour bien se préparer et ensuite les portes seraient grandes ouvertes. J’ai oublié de vous dire que c’est avec le double vote au Parlement grec, en mars 1997, que j’ai été promu Ambassadeur. Merci Messieurs, mes Dames.- PAGE   PAGE 11  +/de;č ëńűü67PQL'M'Q.S.4/5/<0=00Ž011L6M6ƒ7„7:8;8P8˙?@-B0BTJqJrJxJyJzJ|J}JƒJ„J†J‡JˆJJőęÜőŐőÎőÜőŐőŐőŐőĂőŐőˇőŐőŐőŐőÜőŐőŐőŐőŐ°Ő¨ŐĄžĄžĄžĄ–Ą‘mH sH 0JmHnHu0J j0JUCJH*mH sH  CJmH sH CJH*OJQJmH sH CJOJQJmH sH  CJOJQJ CJmH sH 5CJOJQJ\mH sH 5;CJ"\mH sH CJOJQJmH sH 6   +/0óŠěŕ;č ëöööööööööööńĺŕÔźźźÔˇÔdh$ & F ĆrЄЄ˜ţdh^„Đ`„˜ţa$ $„Đdh`„Đa$dh $„hdh`„ha$$a$„Đdh`„ĐqJŒJţţëěíîńňđ–˝QU#¸&b*á/111Ő2I6ë8'9e9˘9óóóóççççççççççß××××׿ż$ & F ĆrЄЄ˜ţdh^„Đ`„˜ţa$$dha$$dha$ $„Đdh`„Đa$ $„Đdh`„Đa$˘9:ž<|>@PADŽE HÚISJTJqJzJ{J|JˆJ‰JŠJ‹JŒJJçŰŰŰŰŰŰŰŰŰŰŮĐĘČżČĘČČŮ$„h]„ha$„h]„h„ř˙„&`#$ $„Đdh`„Đa$$ & F ĆrЄЄ˜ţdh^„Đ`„˜ţa$2 001h°‚. °ĆA!°"°# $ %°°Ä°Ä Ä i8@ń˙8 NormalCJ_HaJmH sH tH L@L Heading 1$$„Đdh@&`„Đa$ CJmH sH <A@ň˙Ą< Default Paragraph FontJC@ňJ Body Text Indent$„Đ`„Đa$mH sH , @, Footer  Ć9r &)@˘& Page Number,@", Header  Ć9r FX˙˙˙˙ +/0óŠěŕ;čë ě í î ń ň đ –˝QU¸"b&á+---Ő.I2ë4'5e5˘56ž8|:<P=@ŽA DÚESFTFqF|FˆF‰FŠFŽF˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜ 0€€˜ 0€€˜ 0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜ 0€€˜ 0€€˜ 0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€˜0€€0€€š@0€€˜@0€€š@0€€˜@0€€ 0 J'ë˘9J(*+ŒJ) !•!t˙•€W Y HNÝĺďôď)ô)é.ď./!/[0a0J2N28"8Í;Ń;1>8>ťBĂB×CŢC$E,EqF‹FŽFľ¸ëíW[fj ! # č ę Ž•  ĺçÉ Ë ľ"ˇ"ľ%ž%I&K&•&ž&‡''((Á)Ć)Ú,Ü,Ę-Ő-!.&.ä0ć0F2H2í2đ2Ě3Î355?5Ż5ˇ5­8ˇ8>>Ł?Ť?@@D DEEqF‹FŽF,0î ň --qF‹FŽF˙˙ greekembassyKC:\WINDOWS\Application Data\Microsoft\Word\AutoRecovery save of lecture.asd greekembassyKC:\WINDOWS\Application Data\Microsoft\Word\AutoRecovery save of lecture.asd greekembassyKC:\WINDOWS\Application Data\Microsoft\Word\AutoRecovery save of lecture.asd greekembassy+D:\My Documents\2003\Ambassador\lecture.doc greekembassy+D:\My Documents\2003\Ambassador\lecture.doc greekembassyKC:\WINDOWS\Application Data\Microsoft\Word\AutoRecovery save of lecture.asd greekembassy+D:\My Documents\2003\Ambassador\lecture.doc greekembassy+D:\My Documents\2003\Ambassador\lecture.doc greekembassy+D:\My Documents\2003\Ambassador\lecture.doc greekembassy<C:\WINDOWS\Desktop\embassy web page\greekembassy\lecture.doc˙`uf:@ę˙˙˙˙˙˙˙˙˙+{8ŕXf ˙˙˙˙˙˙˙˙˙›2—lđC M˙˙˙˙˙˙˙˙˙Ź„Đ„˜ţĆĐ^„Đ`„˜ţOJPJQJ^Jo(-€ „ „˜ţĆ ^„ `„˜ţOJQJo(o€ „p„˜ţĆp^„p`„˜ţOJQJo(§đ€ „@ „˜ţĆ@ ^„@ `„˜ţOJQJo(ˇđ€ „„˜ţĆ^„`„˜ţOJQJo(o€ „ŕ„˜ţĆŕ^„ŕ`„˜ţOJQJo(§đ€ „°„˜ţư^„°`„˜ţOJQJo(ˇđ€ „€„˜ţĆ€^„€`„˜ţOJQJo(o€ „P„˜ţĆP^„P`„˜ţOJQJo(§đ„r„^üĆr^„r`„^üOJPJQJ^Jo(-€ „„˜ţĆ^„`„˜ţOJQJo(o€ „Ř „˜ţĆŘ ^„Ř `„˜ţOJQJo(§đ€ „¨ „˜ţƨ ^„¨ `„˜ţOJQJo(ˇđ€ „x„˜ţĆx^„x`„˜ţOJQJo(o€ „H„˜ţĆH^„H`„˜ţOJQJo(§đ€ „„˜ţĆ^„`„˜ţOJQJo(ˇđ€ „č„˜ţĆč^„č`„˜ţOJQJo(o€ „¸„˜ţƸ^„¸`„˜ţOJQJo(§đŹh„Đ„˜ţĆĐ^„Đ`„˜ţOJPJQJ^Jo(-h „ „˜ţĆ ^„ `„˜ţOJQJo(oh „p„˜ţĆp^„p`„˜ţOJQJo(§đh „@ „˜ţĆ@ ^„@ `„˜ţOJQJo(ˇđh „„˜ţĆ^„`„˜ţOJQJo(oh „ŕ„˜ţĆŕ^„ŕ`„˜ţOJQJo(§đh „°„˜ţư^„°`„˜ţOJQJo(ˇđh „€„˜ţĆ€^„€`„˜ţOJQJo(oh „P„˜ţĆP^„P`„˜ţOJQJo(§đ+{8˙`u›2—l˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙Ěk$ţ        vB         Ěk$ţ        ˙@€0ف0F@@˙˙Unknown˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙G‡:˙Times New Roman5€Symbol3& ‡:˙ArialQBaskerville Old Face?5 ‡:˙Courier New;€Wingdings"qˆđĐhRús&§t†üs&%\0 :{!đ ´´20TG 2ƒQđ˙˙A greekembassy greekembassyţ˙ ŕ…ŸňůOhŤ‘+'łŮ0ˆ˜ Ź¸ĐÜčř  8 D P \hpx€ĺAss greekembassyoreereeNormalb greekembassyo37eMicrosoft Word 9.0@(s0@Ş€5‰÷Â@\DGM÷Â@ÂJ´ůÂ0 :ţ˙ ŐÍ՜.“—+,ůŽ0ô hpˆ˜  ¨°¸Ŕ Č Öĺ greekembassyy{TGí A Title  !"#$%&'()*+,ţ˙˙˙./0123456789:;ţ˙˙˙=>?@ABCţ˙˙˙EFGHIJKţ˙˙˙ý˙˙˙Nţ˙˙˙ţ˙˙˙ţ˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙Root Entry˙˙˙˙˙˙˙˙ ŔF ÷Ş ´ůÂP€1Table˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙-¤WordDocument˙˙˙˙˙˙˙˙4XSummaryInformation(˙˙˙˙<DocumentSummaryInformation8˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙DCompObj˙˙˙˙jObjectPool˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙ ÷Ş ´ů ÷Ş ´ůÂ˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙ţ˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙˙ţ˙ ˙˙˙˙ ŔFMicrosoft Word Document MSWordDocWord.Document.8ô9˛q